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À l’aide sociale, l’entraide te nuit

Pour diffusion immédiate
Québec, le 5 avril 2016

À l’occasion de la Journée nationale du travail invisible, l’ADDS-QM et ROSE du Nord ont fait la distribution de cartes présentant le témoignage d’une proche aidante afin de sensibiliser la population aux pénalités liées à l’entraide chez les personnes assistées sociales.

Si le temps consacré au travail invisible et non rémunéré touche encore davantage les femmes, il n’est pas rare que celui des personnes assistées sociales soit accompagné de pénalités financières. En effet, une personne membre de notre regroupement national, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ), a contracté une dette salée auprès de l’aide sociale après avoir été reconnue en situation de vie maritale avec la personne malade qu’elle aidait. Les soins nécessitant un soutien soutenu de la part de cette femme, la cohabitation a donc servi de prétexte à l’aide sociale pour déclarer ces personnes en couple. « Ce genre de situation, qui peut sembler marginale, arrive malheureusement trop souvent. On parle d’une dette de 18 000 $ à une proche aidante qui apportait des soins. C’est complètement aberrant ! », s’indigne Véronique Salmon Porte-Parole de la journée.

Il appert que la loi sur l’aide aux personnes et aux familles rend difficile le déploiement de l’entraide chez les personnes assistées sociales. Le règlement est écrit de sorte que deux personnes qui partagent un même logement sont rapidement soupçonnées de vie maritale, ce qui implique des pénalités financières chez les personnes assistées sociales. Ainsi, une personne proche aidante ou des colocataires sont susceptibles de recevoir un avis de décision de l’aide sociale leur annonçant que leur prestation sera amputée, voire annulée, en raison d’une situation de vie maritale. En encourageant ces personnes en situation de pauvreté à rester seule, « cette injustice les prive d’une aide mutuelle qui pourrait améliorer leur qualité de vie », souligne Denyse Thériault aussi Porte-Parole

La campagne de sensibilisation est organisée par le comité femmes du FCPASQ qui revendique que chaque personne exclue du marché du travail reçoive son propre chèque d’aide sociale afin de garantir l’autonomie économique, le droit d’aimer et le respect de la vie privée de chacun et de chacune. Cela commence par offrir des conditions économiques suffisantes permettant réellement à ces personnes de s’en sortir.